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Quand couper les arbres et plantes ? Faut-il tailler en hiver, en été ou au printemps ? Découvrez nos conseils et notre calendrier de la taille pour vous aider.

Les généralités sur la taille des végétaux

Le système de fonctionnement d’une plante ligneuse peut être découpé en deux parties :

  • a) le système souterrain, composée de racines ramifiées,
  • b) le système aérien, dans lequel on retrouve tiges, branches et feuilles.

Les feuilles et les racines qui sont arrivées à équilibrer leurs fonctions respectives témoignent d’un arbre ou d’un arbuste qui s’est bien adapté après plantation. Cela induit qu’une taille du système aérien ou souterrain compromet cet équilibre. Par exemple, si une partie aérienne est supprimée, la planté produira dans une quantité moindre la sève élaborée nécessaire à sa croissance, et tentera alors de rétablir son équilibre en réduisant de façon proportionnelle son étendue et son activité au niveau radiculaire. Une taille réussie est donc une opération dont la réaction du sujet taillé est prévisible et souhaitée, prenant en compte cet équilibre.

La réaction du sujet taillé est remarquable durant les périodes de végétation active, majoritairement au printemps et en été. Pour prévoir celle-ci, il est important de noter que la fabrication d’aliments élaborés dépend à la fois du système aérien et sous-terrain.

La suppression de parties aériennes entraîne nécessairement une perte dans les réserves nutritives. Cependant, celles des racines restent inchangées : les organes aériens ont alors tendances à réagir avec vigueur en produisant nouvelles tiges. Les conséquences et la vigueur de cette réponse dépendent de l’espèce, mais aussi de l’époque de la taille et de la sévérité avec laquelle elle est réalisée.

La taille courte produit un effet conséquent sur la production de rameau à bois : ceci est avantage lorsqu’on souhaite former un système important de branches charpentières chez un jeune arbre, ou un renouvellement de végétation vigoureuse.

Une taille longue, ou l’absence de taille, permet une conservation des réserves nutritives, permettant le développement de pousses nouvelles à partir des yeux latents. Ces pousses ont pour avantage de se mettre plus rapidement en fleurs que les rameaux à bois plus solides.

La taille exerce une influence très sensible sur les réserves nutritives, et donc sur la formation de nouveau organe mais aussi sur le développement des bourgeons. Ces derniers sont des points de repères essentiel dans la taille des arbres et arbustes.

Il existe deux types classiques de bourgeons :

  • l’oeil terminal ; qui se forme à l’extrémité du rameau,
  • les yeux auxiliaires, aussi appelés yeux latéraux ; qui se forment à l’aisselle des feuilles sur la tige, le long du rameau.

Au moment de leur formation, ils contiennent ce qui deviendra plus tard une tige et ses feuilles. Mais par la suite, certains d’entre eux donnent naissance soit :

  • à de nouveaux rameaux latéraux,
  • à des boutons floraux, prémices de la floraison et du développement de fruits et de graines. (par le phénomène de différenciation progressive)

La formation de ces boutons particuliers est favorisée par la taille longue, particulièrement lorsqu’elle est réalisée en période hivernale ou juste avant la reprise de la période de végétation.

Pourquoi tailler ?

La taille permet :

  • d’éliminer une majorité de pousse affaiblies, malades, ou mortes afin de favoriser le rajeunissement de la plante en utilisant au mieux les jeunes ramifications.
  • de réguler le volume du végétal et de lui faire conserver la forme désirée.
  • à l’arbre, arbuste ou plante d’exploiter le maximum de ses capacités, en termes de feuillages, fleurs ou fruits.

Les 4 principes généraux de la taille

Il est évidemment important de savoir quels sont les besoins et comportements propres à la plante que vous souhaitez tailler. Cependant, il existe 4 principes universaux pour les opérations de ce genre :

  • 1) Laissez des incisions nettes. Cela permet une meilleure cicatrisation et favorise le développement des nouveaux tissus.
     
  • 2) Réalisez la taille juste au-dessus d’un bourgeon ou d’un noeud sain. C’est à cet endroit que l’on trouve la plus forte concentration de tissu cambien, contenant les cellules génératrices qui assureront la cicatrisation. L’incision sera réalisé du côté opposé, vers le haut, en s’assurant que le biseau arrive juste au-dessus du bourgeon en question.
     
  • 3) Lorsque l’opération est réalisée dans le souhait d’obtenir un nouveau rameau, taillez au-dessus d’un bourgeon orienté dans la direction que vous souhaitez faire prendre à cette nouvelle pousse. Lorsque l’opération a pour objectif de stimuler le départ des yeux latents, incisez sous le bouton pour une transformation en bouton floral, et au-dessus pour celui que vous destinez à devenir une nouvelle pousse.
     
  • 4) Lors d’un élagage, dont le but est de supprimer les branches enchevêtrées afin de favoriser la pénétration de l’air et de la lumière, prenez garde à sectionner les branches superflues en leur base. Cela permet de remonter vers un tissu sain lorsque le rameau est malade, et de ne pas favoriser l’attaque de maladie cryptogamiques chez les rameaux sains.
     

Quand faut-il tailler ?

Le choix de l’époque de la taille est capital, d’une part car il va influencer la réaction végétative, mais également car cela peut avoir une incidence sur l’état de santé général de la plante.

La majorité des arbustes et arbres à feuilles caduques peuvent être taillés en fin d’automne ou en hiver, après la chute des feuilles et avant le débourrement des bourgeons. Il existe cependant des exceptions :

  • Les arbres fruitiers (fruits à noyau), les arbustes d’ornements de la famille des Rosacées (particulièrement les amandiers et les cerisiers à fleurs), ainsi que les érables et les noyers. Ces arbres, parmi d’autres, sont susceptibles de répondre à la taille courte d’hiver par un écoulement gommeux (« gommose »). Il est alors conseillé de tailler ces espèces lorsque le feuillage de printemps a atteint son plein développement (juin à début juillet).
     
  • Les arbustes florissant au printemps ou en début d’été peuvent être tailler après la floraison, puisque ce sont en majorité les rameaux de l’année précédente qui produiront les boutons floraux. C’est le cas des forsythias, des groseilliers à fleurs ou encore des deutzias.
     
  • Les espèces à feuilles persistantes dont font partis une grande majorité des conifères doivent être taillés immédiatement avant la sortie de jeunes pousses, au printemps, car une taille hivernale peut causer le dépérissement de la plante suite à des intempéries.
     
  • La période de taille des haies conseillées a lieu durant la pleine saison de végétation active. Les haies peuvent se satisfaire d’un élagage estival annuel, même si les plus entretenues d’entre elles nécessitent des coupes plus fréquente (juin et fin d’août).
     

La taille d’été ou la taille « en vert »

Cette taille particulière s’effectue durant les deux mois complets d’été. Elle a un effet presque instantané sur l’équilibre entre feuilles et racines et consiste en la suppression des bourgeons herbacés en pleine végétation. Attention car, taillé trop tôt dans la saison, la végétation est freinée et le végétal cherche à produire de nouveaux rameaux et de nouvelles feuilles, risquant ainsi d’épuiser ses réserves et donc de l’affaiblir.

Cette taille est particulièrement pratiquée sur les arbres fruitiers ou les arbres ornementaux palissés. Elle consiste à enlever plusieurs centimètres à l’extrémité des rameaux, au moment où la lignification à lieu, c’est-à-dire en été.

Le calendrier de la taille

Mois Arbres, arbustes et plantes
Janvier Terminer la taille des arbres fruitiers.
Février Saules, variétés de Clématite de Jackman, variétés de Clématite Nelly Moser, variétés de Clématite bleue, abelia Grandiflora.
Étêter les framboisiers.
Rabattre les espèces à floraison estivale Hortensia paniculé + Spirée du Japon.
Aligner les haies.
Mars Rosiers floribunda et rosiers hybrides de Thé ou de Thé grimpants, jasmimum nudiflorum, jasmimum officinale, arbustes à floraison très hâtive, millepertuis, noisetiers cultivés, groseilliers à maquereau, cornouillers, ronces, vignes, pêchers, abricotiers.
Couper uniquement les rameaux anciens de Hydrangea macrophylla et ses variétés.
Élaguer Potentilla fructicosa.
Avril Végétaux à feuillages persistant, caryopteris, conifères, forsythia, bruyères à floraison hivernale (Erica carnea et ses variétés), céanothes à floraison d’été et d’automne, fuschia, spartium junceum, hibiscus syriacus, calluna vulgaris.
Mai Groseillers à fleurs, virburnum carlesii, cognassier du japon.
Juin Tailler en vert : abricotiers, pommiers et poiriers, deutzia, mahonia, tamaris, genista hispanica.
Enlever les gourmands des porte-greffes des rosiers, des lilas, des arbustes greffés.
Juillet Tailler en vert : glycines Kalmia, seringuats hybrides, deutzia scabra, weigelia, escallonia hybrides, clematis florida et patens, cerisiers, pruniers.
Août Rosiers pleureurs et grimpants non remontants, clematis alpina.
Élaguer les lavandes âgées.
Tailler les haies.
Septembre Supprimer les fleurs fanées des véroniques de diverses espèces.
Éclaircir les tiges à fruits des framboisiers.
Élaguer dans les vergers les branches d’arbres atteintes de chancres.
Octobre Commencer à rafraîchir les tiges des arbres fruitiers : cerisiers à griottes, rosiers grimpants remontants.
Novembre Pommiers, poiriers et figuiers, cassis, groseilliers blancs et rouges, mûres et ronces hybrides.
Décembre Clématite bleue.
Taille d’hiver de la glycine.
Élaguer et aligner les haies.
Élaguer les haies d’églantiers et de prunelliers.