La plupart des sols se détériorent car leur taux d’humus baisse de façon trop conséquente. Les amendements organiques tel que les fumiers, le compost, la tourbe et bien d’autres encore peuvent aider à lutter contre cela, et constituer un apport général de matières nutritives.

LE FUMIER DE FERME

Le fumier de ferme peut être constitué de litière de chevaux, porcs ou de vaches, imbibée de leur urine et mélangée à leur déjection. Malgré une description peu attrayante, la fertilité de nombreux jardins a été obtenue par l’ajout sur plusieurs années de fumier décomposé. En effet, le fumier est composé d’azote, d’acide phosphorique, de potasse, mais également de bactéries utiles, de vitamines, d’hormones, de magnésium, de calcium et de bien d’autres oligo-éléments qui améliorent le développement des végétaux.

Le fumier de cheval est un fumier dit « chaud », et pour cause, sa température peut atteindre 70°C en raison de la vive fermentation qui s’y produit. Il peut être utilisé en couches chaudes pour aider la croissance de jeunes plants ou pour la culture forcée des légumes. C’est cependant un fumier de cheval tassé réduira de beaucoup son volume, puisqu’il est constitué en majorité de paille, et que les déchets animaux sont moindres.

Le fumier d’étable en revanche est très dense, puisque piétiné continuellement par les animaux, la paille est réduite à l’état de débris. En contrepartie, les fumiers de boeufs et de vaches sont plus humides et moins riches que le fumier de cheval. Il convient aux sols sablonneux en raison de son humidité et de sa faible capacité de décomposition.

La quantité utile de fumier dépend de la qualité de l’alimentation des animaux qui le produisent, mais aussi de leur état de santé : par exemple, un jeune ou une femelle gestante assimilera davantage les nutriments de son alimentation, au détriment de la qualité du fumier.

De la même façon, l’action du fumier de porc est lente et longue, ainsi, il reste froid et ne convient donc pas à la réalisation de couches chaudes. Il est conseillé de le mélanger à de la paille et à des détritus du jardin et de le laisser décomposer durant 3 mois, pour éviter que sa nature caustique à l’état frais ne brûle les racines des jeunes plants.

Cependant, ce temps de décomposition peut concerner tous les types de fumiers : un fumier frais sera moins assimilable par les végétaux, et sera également moins riches qu’un fumier ayant été entassé durant plusieurs mois.

Conservez-le en meule bien tassée et plutôt conique pour minimiser les pertes ; car même avec le meilleur des stockages, les pertes seront d’un tier de la masse d’origine après 3 mois.

Emploi du fumier de ferme

Lorsque vous posséder une quantité peu importante de fumier mais que sa qualité est bonne, vous pouvez le mélanger directement à la surface du sol, à l’aide d’une griffe par exemple.

Lorsqu’il est abondant, vous pouvez en étendre généreusement au fond de la tranchée lors du bêchage, et couvrir complètement le sol sur une hauteur de 5 centimètres à l’aide d’une fourche.

LE FUMIER DE BASSE-COUR, OU POULAITTE

Quatre fois moins nutritif que le fumier de ferme, le fumier de poule ou de pigeon est principalement utilisé vieilli, séché, et mélangé à la moitié de son volume en sable et terre sèche. Il peut être utilisé en couverture pour les cultures à forcer, mais attention, il a tendance à rendre les terres argileuses plus collante et acide qu’elles ne le sont à la normale. Vous pouvez compenser la faible teneur en potasse en y rajoutant du sulfate de potasse.

Prenez garde de conserver ce fumier à l’abri des intempéries, qui pourrait lui faire perdre fortement de ses qualités nutritives.

LA TOURBE

La tourbe remplace efficacement l’action physique du fumier, mais ne possède en rien ces qualités nutritives : elle se transforme plus lentement que le fumier, conserve le seul meuble et facilite l’aération et le drainage, mais sa teneur en phosphates et en potasse est dix fois moins importante que celle du fumier, et sa haute teneur en azote est en grande partie inutilisable pas les plantes.

Apprenez à différencier de la bonne et de la mauvaise tourbe grâce à son aspect : les meilleures variétés de tourbe sont rousses, souples et fibreuses tandis qu’à l’inverse, la mauvaise tourbe est mouillée, sombre et visqueuse.

Emploi de la tourbe

Elle peut être utilisé pour augmenter la matière organique du sol lorsque votre objectif et de faire pousser une pelouse de façon de plus rapide. La tourbe est également un bon amendement pour les plantes de terres de bruyère ou pour gagner du temps sur la culture de plantes à bulbes fleurissant en été. Plantés à même le sac, les bulbes prendront racines plus tôt dans la saison et seront fin près pour embellir votre jardin.

La tourbe avec d’importante particules et plutôt fibreuses est idéal en sol sablonneux, tandis que la plus fine correspond davantage aux sols plus argileux.

Cependant, les différents types de tourbes sont issues de tourbières, lieu important du développement de faune et de flores, et prélever la tourbe contribue à modifier l’écosystème dans lequel elles évoluent.

LES TOURTEAUX ET RESIDUS DE BRASSERIE

Le malt est intéressant pour améliorer la condition physique d’un sol, mais est un peu moins concentré en élément nutritif que le fumier puisque, malgré sa teneur deux à quatre fois supérieur en phosphate, il ne possède quasiment pas de potasse.

LA SCIURE DE BOIS

La sciure de bois n’est pas un fertilisant, compte tenu du fait qu’elle possède un taux très faible en matières organiques. En revanche, compostée elle est idéale pour le paillis des arbustes et peut tout à fait être utilisée comme amendement lors du bêchage de fin de saison.

Veillez cependant à bien le composter car non décomposée, elle risque d’absorber l’azote du sol nécessaire aux végétaux. Pour cela, vous pouvez le mélanger à du fumier décomposé et le laisser ainsi en tas durant une année. Du nitrate de chaux peut y être ajouté pour accélérer le processus.

LE TERREAU DE FEUILLE

Il est obtenu en récupérant les 10 centimètres supérieurs du sol des sous-bois, ou encore en entassant en couche superposées les feuilles ramassées de l’automne et de la terre. Un an plus tard, vous disposerez d’un terreau fibreux à appliquer à raison de 2 à 3 kilos par mètres carré.

LE VARECH OU GOEMON

Si vous habitez sur la côte, vous pouvez profiter de la présence d’algues pour en mélanger à la terre au moment du labour. Elles fourniront autant d’azote que le fumier classique, mais presque 3 fois plus de potasse et seront exemptes de graines, de mauvaises herbes et de maladies. Vous pouvez aussi vous procurez des algues sèches en poudre, à enterrer dans l’idéal en octobre, pour les cultures de printemps.

LA CHAUX

Elle constitue l’amendement de prédilection pour les sols non calcaires. Elle améliore la qualité du sol en modifiant sa structure, en corrigeant son acidité et en lui apportant le calcium nécessaire. Les terres argileuses et argilo-siliceuses sont les plus concernées par le chaulage.

LE COMPOST

Le terme de compost peut être utilisé pour désigner deux choses. La première renvoie à un mélange de terre, de tourbe et de sable appelé compost de rempotage. Mais la seconde, à laquelle nous allons nous intéresser concerne un mélange de produits végétaux qui se sont décomposés avec l’aide d’un activateur, formant ainsi un matériau noir et très humifère.

Aujourd’hui, la préparation de compost a son importante puisque le fumier n’est plus aussi disponible et que chacun est capable de produire son propre compost avec les déchets de son alimentation quotidienne.

Que mettre dans mon compost ?

Un grand nombre de déchets végétaux et domestiques peuvent entrer dans la composition du compost :

  • Les épluchures de fruits et légumes.
  • Les fleurs fanées.
  • Le marc de café et son filtre en papier.
  • Les coquilles d’oeufs concassées.
  • Les déchets verts du jardin : feuilles mortes, la tonte, etc.
  • Les mouchoirs en papiers.
  • Les cendres (peuvent être également utilisé comme fertilisant ou anti-limace).
  • Les sachets de thé et de tisane.

Attention, les plantes malades, les viandes et poissons, ou encore les pelures d’agrumes ne doivent pas être mis dans votre tas de compost.

L’utilisation d’un activateur de compost vous permettra d’obtenir une plus rapide et une meilleure décomposition. Vous pourrez pour cela utiliser du fumier, des déjections animales, du guano de poisson ou encore des produits spécialisés vendus dans le commerce.

Vous pouvez alterner la composition des couches de déchets (déchets verts, déchets bruns, cendre, activateur, etc.) pour une meilleure décomposition. Pour que l’aération du tas de compost soit meilleure, vous pouvez planter un pieu en son centre, et déposer les déchets tout autour, créant ainsi une cheminée au moment où le pieu sera retiré. La construction d’une caisse à compost en palette est également très efficace : l’espace entre chaque lame de la palette permet au compost en décomposition d’être aéré.

Veillez également à ce que votre compost ne soit pas trop sec : humidifiez-le si besoin.

Comment utiliser le compost ?

Chaque année, n’hésitez pas à enfouir au moins 5L de compost par mètre carré sur 8 ou 10 cm de profondeur, ou encore à le disposer comme paillis à la surface du sol. Les vers de terre s’y aventureront et aéreront naturellement le sol en y creusant. La présence de compost dans la terre évitera le dessèchement du sol et améliorera la terre cultivée.

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