Il existe deux moyens d’obtenir de nouvelles plantes à partir d’autres déjà existantes :

  1. Par voie sexuée, avec des semis.
  2. Selon des procédés asexués, comme la bouture (bouturage), la greffe, etc.

Chacune des plantes est capable, à l’origine, de se reproduire de façon sexuée, mais les conditions que nous leurs faisons subir ne leur permettent pas toujours de produire suffisamment de graines pour cela. De plus, la reproduction sexuée mélange les caractéristiques génétiques des deux géniteurs, ainsi, les patrimoines génétiques des nouvelles plantes seront, au mieux, similaires, mais très rarement identique.

En revanche, lors d’une multiplication asexuée, seule la plante mère intervient, permettant ainsi d’obtenir de nouvelles plantes parfaitement identiques à celle-ci.

Nous nous attarderons uniquement sur la multiplication sexuée au sein de cet article.

La multiplication sexuée : les semis

La graine

Elle est le résultat d’une fécondation d’un gamète femelle par le gamète mâle. Elle contient en elle une véritable plante miniature, à l’état embryonnaire, prête à se développer.

Processus de germination

En culture, cela correspond à ce que l’on appelle la « levée des graines ». Lorsque le fruit a séché ou pourri, les graines qu’il contenait sont libérées et laissées dans un état latent. De bonnes conditions de développement peuvent alors donner naissance à une nouvelle plante : l’enveloppe entourant la graine se brise, et ses réserves sont mobilisées dans les tous jeunes organes de l’embryon.

Pour que les conditions soient propices au développement de la graine, il faut que celles-ci associent humidité, air et chaleur. Un taux d’humidité important est nécessaire, tout comme la présence d’oxygène, et ça pour l’ensemble des plantes. La température de germination, elle, varie d’une plante à une autre, pouvant aller de 5°C pour les végétaux d’Europe du Nord à 30°C chez certaines plantes tropicales.

Les graines doivent également être suffisamment jeunes et conservées dans des conditions adéquates (froid et sec).

Durée de la faculté germinative

Le pouvoir germinatif de la semence diminue avec le temps, cependant cette durée est très variable d’une plante à une autre. Pour certaines, ce temps varie de quelques mois à deux ans, contre 3 à 6 ans pour une grande partie des plantes cultivées. Enfin, certaines graines de mauvaises herbes ont des durées de faculté germinative très importante, pouvant aller jusqu’à une dizaine d’années.

Stratification

Ce processus à deux objectifs :

  1. Conserver durant un temps plus important les facultés germinatives des graines qui ne les gardent que peu de temps.
  2. Permettre aux graines qui lèvent difficilement ou durant un long moment d’être semées « prête à germer ».

On dispose alors les graines sur une surface plane (comme une caissette ou un pot par exemple) puis on fait alterner couches de sables humide et couches de graines.

Le plus souvent, la stratification se déroule en automne et en hiver, ou dès la récolte des semences, particulièrement pour les pépins et noyaux. Les graines enfermées au coeur de fruits pulpeux doivent tout d’abord être mise à nue avant de leur faire subir une période de stratification.

Vous sèmerez ensuite les graines dès la sortie de stratification, en prenant toutes les précautions nécessaires avec les graines ayant déjà germées.

Parfois, le trempage au sortir de la stratification peut accélérer le processus de germination. Placez alors les semences dans de l’eau à une vingtaine de degré durant 24h.

Essais de germination

A la façon dont les maisons productrices de semences testent la valeur germinative d’un lot de graines, vous pouvez estimer cette valeur en disposant un certain nombre de graine entre deux papiers buvards. Si vous prenez garde à le conserver humide et à température ambiante, vous pourrez observer au bout de quelques jours le pourcentage de graines ayant germé.

Conditions requises pour une bonne germination

Comme indiqué précédemment, les graines ont besoin d’oxygène pour germer, afin d’éviter les fermentations dues à la chaleur, mais aussi de permettre l’oxydation normale des matières contenues dans la graine.

Pour obtenir ces conditions en pleine terre, vous devez préparer, griffer, retourner le sol, mais il ne doit pas être « soufflé » : il est alors nécessaire que vous procédiez à un léger tassement du sol.

Plus les graines sont conséquentes, plus vous devez les enfouir profondément. Si l’on prend l’exemple d’un noyau, il sera enterré à 5 ou 6 cm de la surface, tandis que les graines les plus fines ne seront pas recouvertes mais simplement « appuyées » pour garantir une certaine adhérence au sol. Attention cependant, car plus la terre est lourde et argileuse, moins les graine doivent être enterrées.

L’humidité est aussi très importante dans la germination : elle doit être suffisante mais présente sans excès. Lorsque les semences sont placées en pleine terre, vous pouvez les arroser peu mais régulièrement à l’aide de votre arrosoir. Pour celles placées en pot ou en terrine, elles peuvent être humidifiées à l’aide de pulvérisateur ou par immersion du fond du récipient durant quelques minutes.

Enfin, la chaleur joue un rôle important dans la levée. La majorité des graines des fruits et légumes de nos jardins lèvent entre 15 et 20°C, vous pouvez donc du printemps à la fin de l’été, en fonction de la météo, réaliser vos semis en pleine terre. Bon nombre de ces espèces germent également à 10°C et peuvent donc commencer leur processus de germination plus tôt dans la saison.

Pour les plantes dont le cycle végétatif est plus long que la saison idéale, vous réaliserez vos semis en amont, sous serre ou cloche.

Concernant les semis de pleine terre, éprendre une fine couche de terreau par-dessus vos semis vous permettra les faire lever plus rapidement grâce à la chaleur qu’il emmagasine et aux éléments nutritifs qu’il leur fournit.

Les différents types de semis

Qu’elle soit en place ou en pépinière, la préparation des semis est une étape décisive pour obtenir de belles plantes.

En place

Les graines sont semées là où vous prévoyez de les laisser se développer jusqu’à l’âge adulte.

En pépinière

Les graines sont semées de façon provisoire dans un endroit où les conditions sont propices à la levée.

En place ou en pépinière, les semis peuvent être réalisés en plein air ou sous abri, sous châssis chaud ou froid.

Semées en pépinière, vos semis devront être déplacés lorsque la température extérieure le permet. Certaines plantes ont donc leurs préférences concernant leur lieu de germination : les végétaux à racines fasciculées supportent très bien cette étape de transplantation, tandis que ceux à racines pivotantes et souvent uniques vont devoir être planté directement en pleine terre.

Diverses façons de semer

Vous pouvez, selon les espèces et vos préférences, épandre vos semis de différentes façons :

A la volée

Répartissez vos semis de façon aléatoire mais le plus uniformément possible sur le sol.
Cette méthode est adaptée à la plantation de vos pelouses, praires ou massifs. Sinon, préférez les deux autres méthodes qui rendront le binage possible et le désherbage plus aisé.

En ligne

Réalisez vos semences selon des lignes bien tracées, avec un écartement variable de 10 à 60 cm entre les graines, selon la variété semée.

En poquets

Vous disposerez vos semences en les répartissant selon des petits groupes espacés les uns des autres (par 3 en triangle, 4 en carré ou 5 en pentagone). Vos poquets, petits trous de 4 à 5 cm de profondeur, seront réalisés à la houlette, puis vous recouvrerez vos graines après semis. Cette méthode est préférable pour les plantes devant se développer en constituant des touffes, tel que les haricots ou les pois.

Semisà la voléeen ligneen poquets
en pleine terreFleurs annuelles à racines pivotantes, Mâches, radis.Fleurs annuelles à racines pivotantes, Haricots, pois, salsifis.Haricots, pois, courges.
sous abri à froidFleurs vivaces et bisannuelles, fleurs annuelles à cycle végétatif assez long.Fleurs vivaces et bisannuelles, fleurs annuelles à cycle végétatif assez long.Certaines fleurs cultivées en potées, Melons, courges.
sous abri à chaudFleurs annuelles à long cycle végétatif, plantes de serres.Fleurs annuelles à long cycles végétatifs, plantes de serres, Légumes délicats.Melons.

Soins à donner aux jeunes plantes issues de vos semis

Lorsqu’elles germent, vos plantes ont besoin de soleil, mais pas d’une insolation directe, ainsi qu’un arrosage fréquent dans le temps mais restreint en quantité.

Les mauvaises herbes pousseront parmi vos semis de façon plus rapide, et devront donc être éliminées à la main. Il vous faudra probablement éclaircir les jeunes semis, si leur densité est trop élevée, afin d’obtenir des plants moins nombreux mais plus vigoureux.

Les mélanges terreux pour semis

En ce qui concerne les semis réalisés en pots, terrines ou caissettes, vous trouverez dans le commerce bon nombre de mélanges terreux spécialement composés en fonction des semis que vous souhaitez réaliser.

Dans la composition de ces mélanges vous trouverez le plus souvent :

  • La terre de jardin, légère et sableuse.
  • La terre de bruyère.
  • Le terreau de feuilles.
  • La tourbe.
  • Le sable de rivière.

Les proportions de ces substrats peuvent varier à l’infini, chacun ayant une faculté particulière à apporter au mélange. Par exemple, le sable lui donnera sa perméabilité, tandis que la tourbe et le terreau de feuille augmentera sa capacité de rétention d’eau.

Les récipients de semis

Outre les accessoires de plein air, comme les cloches, vous aurez besoin pour réaliser vos semis de :

  • Pots de 7 à 10 cm de diamètre environ.
  • Des terrines en poterie ou en plastique, remplaçable par des caissettes en bois de même proportion.
  • Des petits pots de tourbe compressée.

En effet, ces pots possèdent plusieurs avantages. Tout d’abord, ils peuvent être vendus accrochés entre eux par 6 ou 12 par exemple, facilitant les manipulations. De plus, ils peuvent être mis en terre au moment de la plantation, facilitant le maintien de la motte et une bonne prise, l’humidité du sol permettant aux racines de traverser le pot avec une grande facilité.

Le repiquage

Vos semis réalisés en pépinière devront être repiqués en pleine terre lorsque le climat extérieur sera adéquat et qu’ils auront atteints un certain développement. Cependant, selon l’espace dont les semis disposent et selon les espèces, plusieurs repiquages sont parfois souhaitables. Cela permettra à vos futures plantations d’acquérir un chevelu racinaire abondant, et ainsi d’utiliser au mieux les ressources du sol mises à sa disposition.

Afin de réaliser au mieux vos repiquages, voici nos conseils par étape :

  1. La veille du repiquage, arroser légèrement la terre des semis.
  2. Le jour-J, arrachez délicatement les jeunes plants de la terre.
  3. Supprimez quelques racines des touffes à l’aide de votre griffe, ou délicatement avec des ciseaux. Lorsque vous estimez la plante suffisamment forte, vous pouvez également retirer quelques feuilles par pincement, afin d’éviter une transpiration excessive de la plante.
  4. Pour les petits sujets, vos doigts suffiront pour le repiquage, mais un plantoir sera idéal pour les sujets plus volumineux, ainsi qu’un transplantoir pour les mottes.

Les repiquages provisoires se font en ligne, pour des raisons de praticité lors de l’entretien des plans.

Pour les légumes, le repiquage définitif se fera en ligne, tandis que pour les fleurs, vous choisirez de les planter en triangle, en pentagone ou plus communément en quinconce.

Une fois repiquée, les plantes doivent être bornées : disposez de la terre autour en tassant délicatement afin de faciliter l’adhérence des racines dans leur nouvel habitat.

N’oubliez pas d’arroser vos plantations après le repiquage, en pluie ou directement au goulot pour les sujets assez forts.

Pour aller plus loin